dimanche 17 mai 2015

SUREAU NOIR

Le Sureau noir (Sambucus nigra – Caprifoliacées) est un arbuste que l’on trouve fréquemment près d’anciens lieux habités, décombres par exemple, lieux humides riches en matières azotées, d’odeur franchement désagréable lorsque l’on froisse les feuilles.
L'histoire du sureau noir est très liée à celle de l'homme, ce dernier l'ayant utilisé depuis longue date comme plante alimentaire, tinctoriale et médicinale. Son utilisation est attestée dès la préhistoire.

Les fleurs, blanches, petites et odorantes sont groupées en larges corymbes terminaux.

Détail de l'inflorescence de sureau noir


Les tiges ont une écorce claire sur laquelle on distingues des lenticelles liégeuses plus sombres (discontinuités de l’écorce qui permettent des échanges gazeux).
Les rameaux renferment une moelle blanche.

Rameau du sureau : détail des lenticelles et de la moelle

Les fruits se présentent sous forme de baies noires et luisantes (à ne pas confondre avec celles du sureau hièble  'Sambucus edulus', grande plante herbacée où les fruits sont disposés en grappes dressées).

Sureau noir : détail des feuilles

Propriétés thérapeutiques
Les fleurs sèches activent les glandes sudoripares et augmentent les sécrétions bronchiques grâce à leur mucilage.

Les fruits sont purgatifs, diurétiques et sudorifiques. On leur prête également un effet antiviral, antioxydant et anti-inflammatoire.

L’écorce (la verte sous la couche grise) est diurétique.

Cuisine sauvage
Fleurs
Les fleurs parfument boissons, vins, sauces, sorbets et sont classiques en beignets.
Il est possible d'en réaliser une limonade aromatique et fermentée comme comme celle que l'on fait avec les feuilles de frêne.
François Couplan rapporte que des pommes conservées sur un lit de fleurs séchées prennent le goût d’ananas.

Fruits
Les fruits bien mûrs fermentent naturellement sans adjonction de levure ou de sucre et produisent ainsi un excellent vin pétillant qui se conserve bien.
Les baies mûres procurent un jus savoureux après cuisson et s’avèrent être un remède éprouvé contre les refroidissements.
Consommer des fruits crus ou pas assez cuits peut provoquer nausées et vomissements.

samedi 16 mai 2015

BENOITE DES RUISSEAUX

La Benoîte des ruisseaux (Geum rivale – Rosacées), vivace, pousse généralement dans les endroits ombragés et humides, prairies, bords de ruisseaux. On la reconnaît facilement à ses fleurs penchées en cloche et ses grands sépales rougeâtres.

Fleur de benoîte des ruisseaux

La benoîte des ruisseaux dans son habitat

Les racines, riches en tanins, renferment une huile essentielle et libèrent lors du séchage de l’eugénol (contenu dans les clous de girofle). Elles sont moins riches en principes actifs que celles de la Benoîte urbaine (Geum urbanum) ; L’intérêt au niveau thérapeutique et culinaire s’en trouve amoindri mais les propriétés de base restent identiques.

Rhizome et racines de benoîte des ruisseaux

En médecine populaire, rhizomes et feuilles étaient utilisés pour leurs propriétés astringentes (diarrhées, affections de la bouche et de la gorge) et vulnéraires.

Grâce à leur huile essentielle, les racines étaient réputées toniques et stomachiques.
Certains auteurs plaçaient même la ‘benoîte des ruisseaux’ au même niveau que le quinquina.

Cuisine sauvage
Rhizomes et racines seront utilisés comme condiment, pour parfumer un bouillon par exemple, façon clou de girofle.






jeudi 14 mai 2015

HERBE A ROBERT

‘Herbe à Robert’, ‘Bec de grue’, ‘Epingles de la Vierge’, ‘Fourchette du diable’ sont autant de noms populaires donnés au Géranium herbe à Robert (Geranium robertianum – Géraniacées).
C’est une plante très commune aux reflets rougeâtres et à l’odeur très spéciale (on aime ou on déteste) qui apprécie surtout les endroits ombragés.

Herbe à Robert : feuilles et fleurs

Détail de la fleur et des fructifications

Sa couleur la destinait d’après la théorie des signatures à lutter contre les hémorragies.

Boutons et futurs fruits


Propriétés thérapeutiques
Inscrit à la pharmacopée française, très riche en tanins, l’Herbe à Robert se montre astringente. Utilisée dans les inflammations de la bouche et du pharynx ainsi que pour les diarrhées légères, elle serait également hypotensive et antidiabétique.
Tout comme le plantain, c’est une plante qui peut s’avérer très utile en promenade en cas de blessure.

mercredi 13 mai 2015

VESCE CULTIVEE

Cultivée autrefois pour ses graines comestibles, la Vesce à feuilles étroites ou vesce cultivée (Vicia sativa – Fabacées), a surtout été utilisée comme plante fourragère annuelle. C’est également une plante spontanée qui se rencontre dans les champs, au bord des chemins.
Plante à vrilles (feuilles modifiées), ses fleurs se reconnaissent grâce à l’étendard violacé et les 2 ailes rouges.

Vesce cultivée


Détail des fleurs

Les feuilles sont composées de folioles en nombre pair.
Une autre particularité concerne les 2 petites stipules (petites lames vertes disposées par paire à la base du pétiole) tachées de noir se trouvant à leur base. Ces dernières intéressent fortement l’abeille qui ne peut butiner la fleur que si cette dernière a été préalablement percée par un bourdon.
Voici ce qu’en dit G. Bonnier : « Le nectar des stipules est souvent si abondant qu’on peut voir les abeilles délaisser presque complètement certaines fleurs mellifères pour aller butiner sur les champs de Vesces non encore fleuris ».

Détail d'une stipule (cf tache noire au centre de la photo)


L’intérêt thérapeutique de cette plante semble avoir été de moindre importance.

Cuisine sauvage
Les jeunes pousses peuvent être consommées comme légume.
Les graines autrefois consommées nécessitent une cuisson à plusieurs eaux afin d’éliminer l’acide cyanhydrique qu’elles contiennent.

lundi 11 mai 2015

RAIPONCE

La Raiponce en épi (Phyteuma spicatum – Campanulacées) doit son nom à l’épi allongé composé de petites fleurs blanc-jaunâtre ou bleues selon la variété, porté par une tige droite et non ramifiée. Les feuilles de la base, en forme de cœur, sont souvent tâchées de noir en leur centre.
On la trouve dans les prairies, en bord des routes, dans les bois clairs.


Raiponce en épi

La Raiponce bleue appelée également Raiponce noire (Phyteuma nigrum) est souvent incluse dans l’espèce ‘spicatum’.
Le nom populaire de ‘Rave sauvage’ pour la Raiponce vient du fait de ses racines renflées et charnues autrefois fréquemment consommées.

Fournier dans son dictionnaire mentionne à ce propos que ces dernières étaient fort appréciées de gourmets comme Rabelais ou Ronsard et signale par ailleurs l'utilisation ancienne de toute la plante comme vulnéraire, astringente et détersive.

Cuisine sauvage
Les racines, cuites à l’eau ou à la poêle, et à la saveur douce et sucrée sont réputées excellentes.
Leur goût évoquerait la châtaigne.
Les jeunes feuilles se préparent crues en salade ou cuites façon épinard.


Racines de Raiponce